soutien à la lutte des éducateur.rices spécialisé·es

Sud Education 49 apporte son soutien à la lutte de la prévention spécialisée de la Loire Atlantique. On vous met à la suite le tract qu'ielles ont produit, ainsi qu'une petite vidéo sur leur lutte. Et si vous avez moyen des les soutenirs, ielles ont ouvert une caisse de grève.

LES RAISONS DE LA COLERE :

NOUS DEMANDONS LE RETOUR DE LA PREVENTION SPECIALISEE 44

A L’ASSOCIATIF

Pour comprendre la lutte des éducateur.rices de prévention de l'Agence Départementale de Prévention Spécialisée de Loire-Atlantique (ADPS44), il est indispensable de comprendre l'environnement institutionnel dans lequel il évolue.

Les salarié.es de l'ADPS dépendent depuis 2012 d'un Groupement d’Intérêt Public (GIP), (c’était une association avant 2012 : l’APSFD) sous un statut de contractuel.le de la fonction publique d’Etat offrant tous les désavantages de la fonction publique et aucun de ses avantages :

- 100% de salarié.es de l'ADPS sont embauché.es par le GIP alors que la fonction et le principe d’un GIP (datant de 1982) reposent sur la mise à disposition de salarié.es du secteur privé et du secteur public sur un objet commun. L’ADPS est une exception française.

- Nous dépendons d'une comptabilité publique qui ne permet plus la réactivité des équipes sur la mise en place de projets et d’accompagnements individuels.  Les dépenses sont mêmes parfois questionnées par le comptable sans compréhension et prise en compte de notre travail éducatif.

- Nous n'avons plus recours auprès du tribunal des prud’hommes mais sommes tributaires du tribunal administratif et de ses délais de traitements interminables

- Aucun tiers, type « inspection du travail » n'est saisissable pour des arbitrages lors de conflits avec l’employeur.

- Nos salaires sont moindres que dans les conventions de notre secteur.  L'application des 1607 heures n'implique aucune compensation salariale ce qui revient à réaliser 4 semaines de travail supplémentaires gratuitement.

- Notre grille salariale est propre au GIP et établie sans aucune référence aux grilles des fonctions publiques qui n’ont pas évolué depuis 2012. Pire, en 2026 l'augmentation se fera au mérite !

- Le droit de réserve imposé ne permet plus aux salarié.es de s’exprimer librement sur leurs conditions de travail.

- Le GIP n'adhère à aucun opérateur de formation réduisant de fait les possibilités d'obtenir une formation longue.

- Enfin, le conseil d’administration est exclusivement composé des représentant.es des financeurs (élu(e)s des Villes et du Conseil Départemental). Cela implique qu’il est à la fois juge et partie. Un des rôles de la prévention spécialisée est aussi de faire remonter les difficultés auxquelles sont confrontées les habitant.es des quartiers prioritaires où nous œuvrons. Avec le GIP aucune place n'est laissée au débat de fond et à la stratégie générale pensé par des membres de la société civile sans visée électoraliste comme c’était le cas depuis toujours en prévention spécialisée. La fonction de veille et d’alerte qui faisait sens n'est plus. La prévention spécialisée se reconnaît plus des mouvements d'éducation populaire que d'une gouvernance de service public au rabais.

Aujourd’hui les éducateur.rices de l’ADPS ne se battent pas contre la loi de réforme de la Fonction Publique et le passage aux 1607 Heures. Nous demandons en revanche un report de son application d’au moins un an afin d’envisager un changement de modèle pour revenir à un statut associatif.