L’université d’Angers s’associe avec le privé et les cathos

Après avoir rompu la COMUE Angers-Le Mans, contre l'avis du CA de Le Mans Université et malgré ses alertes sur la mise en concurrence des établissements d'ESR, c’est dans le cadre d’une Convention de Coordination Territoriale (C.C.T.), que l’université d’Angers s’apprête à s’engager dans un partenariat avec les sept EESPIG (Établissement d’Enseignement Supérieur Privé d’Intérêt Général)  d’Angers : la faculté libre de l’ouest (la « catho »), l’École supérieure des sciences commerciales d’Angers (ESSCA), l’École supérieure des agricultures (ESA), l’École supérieure angevine d’informatique et de productique (ESAIP), l’École Supérieure d’Électronique de l’Ouest (ESEO), l’Institut des relations publiques et de la communication (Ircom), l’ISTOM (École Supérieure d’agro développement international),

ainsi qu’avec trois établissements publics :  le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) d’Angers, l’École nationale supérieure d’Arts et Métiers (ENSAM), l’Institut national d’enseignement supérieur pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Institut Agro).

Le vote au CA a eu lieu le 11 décembre malgré les alertes et demande de discussion des syndicats, les réticences de certaines composantes, les inquiétudes des personnels et un rassemblement devant la Présidence de l’UA avant le CA.

Cette expérimentation tend à regrouper des établissements publics et privés de l'enseignement supérieur. Dans le contexte du passage aux COMP 100% et de la Loi du Ministre Baptiste sur la régulation de l'enseignement supérieur, c'est tout un système qui se met en place et laisse entrevoir un développement toujours plus important du secteur privé au détriment du secteur public.

Qu'en sera-t-il des frais d'inscriptions à l’université touchée par les restrictions budgétaires ? Qu'en sera-t-il de la mutualisation des formations sur le territoire et de la marchandisation des formations ? Qu'en sera-t-il de l'influence des intérêts privés ? Qu' en sera t-il des logiques de coopération entre établissements ?

Les conseils d'UFR des Facultés des sciences et LLSH de l'université d'Angers ont, par voie de motions, demandé à la Présidente de l’université d’organiser une Assemblée Générale des personnels, usagères et usagers pour information et concertation sur le projet de C.C.T avant une éventuelle validation par le Conseil d’Administration, afin que chacune et chacun des collègues puisse prendre connaissance de ce projet, exprimer ses interrogations au sujet de cette C.C.T. ou proposer des alternatives.

Ces demandes n’ont pas abouti à une date d’assemblée générale regroupant l’ensemble des collègues de l’UA.

La signature de cette convention dans une urgence non justifiée, imposée par la présidente, prive la communauté des personnels de l’UA d’un temps de discussion et d’échange autour de cette convention structurante pour notre établissement et laisse présager d’un avenir inquiétant.

La présidente de l’Université a aussi décidé de passer outre le vote unanime du conseil de gestion de la faculté des Lettres, Langues et Sciences Humaines et de la CFVU qui s’opposaient à la signature d’une convention pour permettre la création d’une licence professorat des écoles à la Catho. Là encore la présidence offre sur un plateau des opportunités au privé et en particulier à la Catho dont on connaît les tentations vers l’extrême droite (voir la tentative de financement par Stérin), de manière autoritaire et au mépris de la démocratie et des décisions d’instances de l’Université.