Budget 2025 : Résistons à la casse organisée du Service public d’éducation

L’école publique est à l’agonie : les conditions de travail des enseignant·es se sont tellement dégradées et les salaires sont si bas que le ministère de l’Éducation nationale ne parvient même plus à recruter. Au concours de 2024, 1 500 postes sont restés vacants. Résultat : à la rentrée, des milliers de classes sont laissées sans prof. Les réformes successives – de Blanquer à Attal – n’ont fait que saboter le service public, méprisant les métiers de l’éducation et précarisant toujours plus ses personnels.

Dans ce contexte, le Premier ministre Michel Barnier enfonce le clou avec un budget d’austérité qui étrangle encore davantage l’Éducation nationale. Le gouvernement prévoit de rayer 4 000 postes d’enseignant·es, dont 3 155 dans le premier degré et 181 dans le second. Pendant ce temps, l’enseignement privé – largement subventionné par l’État – n’aura que 664 postes supprimés. C’est une saignée historique dans les écoles publiques, marquant la volonté assumée de démanteler le service public au profit d’intérêts privés.

Les conséquences de cette casse sont immédiates : le manque de moyens rend impossible une baisse des effectifs par classe, pourtant cruciale pour assurer un suivi de qualité. À la rentrée, les enseignant·es en poste ont été jetés dans un système exsangue, sans moyens pour compenser les absences, sans heures supplémentaires (HSE) pour rémunérer leur surmenage, tandis que les collectivités, étranglées elles aussi, réduisent massivement les dotations aux collèges et aux lycées.

Et comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement ajoute une nouvelle attaque en prolongeant les jours de carence pour les fonctionnaires. La logique est claire : faire peser sur les personnels le poids des coupes budgétaires, culpabiliser et précariser davantage des travailleurs et travailleuses déjà épuisé·es. Cette réforme des jours de carence pénalise directement les enseignant·es, souvent exposé·es aux maladies et déjà fragilisé·es par des conditions de travail dégradées. Derrière cette décision, c’est le message du mépris qui domine : les agents sont traité·es comme des variables d’ajustement, non comme les piliers d’un service public.

Face à cette attaque frontale contre l’école publique, la seule réponse de Barnier est l’effet d’annonce : les 2 000 postes d’AESH qu’il promet ne sont qu’un écran de fumée. Les AESH, travailleurs précaires sans statut public, sont employé·es à temps partiel imposé et soumis·es à des salaires de misère. Pour Barnier, ces vies brisées par la précarité ne valent pas plus qu’un chiffre dans une conférence de presse. Alors que les conditions de vie et de travail des AESH sont intenables, le ministère refuse obstinément de leur octroyer un vrai statut de fonctionnaire.

Le coup de grâce est porté par la stratégie délibérée du gouvernement de renforcer le secteur privé, en le finançant massivement tout en saccageant l’école publique. Résultat : avec 13 milliards d’euros par an d’argent public injectés dans le privé, l’État organise lui-même la ségrégation scolaire, offrant aux familles les plus aisées un accès privilégié à un enseignement sans mixité sociale, au détriment des classes populaires.

Cet abandon de l’école publique nourrit le ressentiment populaire et ouvre un boulevard aux discours réactionnaires et nationalistes qui en profitent pour désigner les populations racisées comme boucs émissaires des inégalités. Pourtant, la cause est claire : c’est un choix politique du gouvernement, celui de réduire l’éducation à un service de plus en plus inégalitaire, sous-financé et marchandisé, tout cela pour éviter d’aller chercher l’argent là où il est, en réformant une fiscalité taillée pour les plus riches.

Pour SUD Éducation, cette attaque ne doit pas rester sans réponse. Il est temps de s’organiser, de se mobiliser massivement pour défendre un service public d’éducation pour tou·tes, d’exiger l’annulation immédiate de ces suppressions de postes et de dire non à la casse orchestrée par un gouvernement qui a choisi d’abandonner l’école publique. Ne les laissons pas détruire ce qui nous appartient !