EVAR/​EVARS : COMPLOTISME ET DÉSINFORMATION DANS LE CHOLETAIS

Depuis quelques jours, les habitant.es de Cholet ont reçu dans leurs boites aux lettres d'étranges flyers les mettant en garde contre le programme scolaire EVARS (Éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité).

Les flyers sont estampillés « Mamans louves » collectif qui relaie des « théories défendues notamment par une ultra-droite conservatrice réfractaire à toute action de l’État en matière de santé et d’éducation » (RFI 21 novembre 2021), et par « SOS Éducation », « proche de la droite conservatrice et de l’extrême droite » (Le Monde, 26 novembre 2024) . Ils ont été "relayés" par un collectif des Mauges à l'origine plutôt porté vers la non-vaccination et les médecines alternatives mais qui depuis quelques années semble également glisser dans le complotisme, la désinformation, l'anti-avortement et le trumpisme.

Ils ont été distribués massivement, énonçant que « les séances EVARS posent problème », faisant état de « témoignages effrayants », affirmant fallacieusement que « depuis trois ans de nombreux enfants et jeunes sortent traumatisés des séances d’EVARS avec des travaux pratiques imposés aux jeunes », que son programme s’appuie sur des « livres inadaptés dès la maternelle» et donne "des explications crues de la sexualité adulte". Ils proposent également des QR code permettant d'accéder à une "charte éthique pour ne pas nuire" que les parents sont invités à "diffuser" et les enseignants à "l'adopter".

Ces dénonciations mensongères et outrancières, fondées sur des fake news, des approximations et des fantasmes inquiétants ont pour objectif non seulement de dégrader et empêcher cet enseignement, privant les élèves d’un outil de savoir, mais aussi de les maintenir dans une ignorance qui facilite leur mise en danger. Nous rappelons que l’EVARS est une obligation légale depuis la loi du 04 octobre 2001, et vise notamment à lutter contre le sexisme, à prévenir les violences sexuelles, à éduquer au consentement, à protéger les personnes les plus vulnérables. Elle est fondamentale dans la sensibilisation aux LGBTQIphobies, s’adresse à tous·tes les élèves de façon progressive et raisonnée, et vise à promouvoir des relations respectueuses et l’égalité de considération et de dignité entre les femmes et les hommes. Elle contribue à la prévention du harcèlement, à la lutte contre les discriminations et toutes les formes de violence, dont les violences sexistes et sexuelles.

Sud Education 49 dénonce fermement ces pratiques, qui mettent en danger les enfants -les élèves- mais aussi les enseignant·es et professionnel·les qui dispensent ces enseignements, les exposant à la vindicte, aux menaces et aux pressions.

Nous demandons à Mme la rectrice de l'académie de Nantes et de la région académique Pays de la Loire de dénoncer publiquement ces actes et de faire appliquer la loi garantissant le droit à l'éducation affective et sexuelle, qui contribue à rendre l'école émancipatrice pour toutes et tous.