Mesures Dracos au Piquet !

Désobéir, oui, mais encore...et après

désobéissance et lutte collective : un choix d’action ?

JPEGUne avalanche de réformes, sur un temps restreint, ayant comme objectif final, la mise au tombeau de l’école publique et en face, très peu de réactions et des journées de grève qui s’égrennent et s’étiolent dans le courant de l’année scolaire sans véritable efficacité. Cette absence de mobilisation collective a entraîné nombre de collègues à désobéir. Si la plupart d’entre eux l’ont fait sans bruit, dans une stratégie de contournement de règlements afin de ne pas mettre en place les dispositifs des réformes "Darcos", d’autres ont manifesté ouvertement leur désaccord en informant leur hiérarchie de leur refus de mise en place de l’aide personnalisée par exemple. Ces collègues ont depuis quelques ennuis, ils ont été médiatisés certes, mais aussi jugés, sanctionnés et ont subi, pour certains, des retraits sur salaires.

Il nous faut nous positionner face à ces formes de luttes et Sud Education s’interroge sur une position pertinente à adopter face à cette forme de résistance. La désobéissance est un acte personnel et les syndicats (normalement) sont là pour, au contraire, fédérer les mécontentements, créer un mouvement collectif unitaire qui, lui seul pourra faire reculer un gouvernement destructeur de la Fonction Publique dans son ensemble. Les initiatives individuelles peuvent-elles produire des changements à l’échelle nationale ?

Malgré ces "foyers" de résistance, nous assistons depuis novembre 2008, à une mise en place sans heurts de l’aide personnalisée dans la continuité des réformes se succédant, comme si, avec usure, avec le temps, tous les enseignants avaient accepté et intégré la perte de 2 heures hebdomadaires d’enseignement pour tous les élèves, émiettées et redistribuées hors temps scolaire à quelques uns. Pourtant ça et là des voix (et pas des moindres) continuent à s’élever comme celle d’Hubert MONTAGNER, spécialiste des rythmes de l’enfant, qui a envoyé une lettre de soutien aux désobéisseurs dans laquelle il met en cause vertement cette pseudo aide apportée ausx enfants en difficulté. La médiatisation des actes de désobéissance ainsi que les prises de position publique ont permis, dans une certaine mesure, d’élargir le débat et de sensibiliser les familles.

Historiquement, des actes individuels de résistance ont parfois débouché sur des luttes collectives et le recul du pouvoir grâce auxquelles des avancées ont été possibles. Toutefois, les initiatives personnelles, isolées et non coordonnées débouchent de plus en plus sur la répression et des actes coercitifs avec lesquels la hiérarchie "règle ses comptes".

Les premières initiatives de ce type, notamment autour du refus de Base Elèves et de la mise en place de l’aide personnalisée ont immédiatement engendré le scepticisme et la prise de distance des organisations syndicales "représentatives". Dans ces conditions, l’addition des refus indiviuels peut-elle être la base d’une lutte collective et constituer une stratégie syndicale ? SUD Education s’est légitimement posé la question.

La Fédération SUD Education et ses syndicats continuent de soutenir concrètement et activement les "désobéisseurs" sanctionnés par leur hiérarchie. Dans le même temps, nous voulons, avec vous, nous interroger sur les possibiltés de donner à ces luttes personnellles et clairsemées une réelle perspective collective. L’assemblée générale du 24 novembre sera une fois encore, l’occasion de debattre sur les méthodes de lutter contre la destruction de l’Ecole Publique. Ah oui, une des premières possibilités c’est de se syndiquer à SUD Education !!!!

Merci à SUD Finistère

jeudi 26 novembre 2009, par Régis Portron

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